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Les jeunes, victimes de harcèlement sexuel et d’ arnaque

PATRICE DOUH

Abidjan05/10/2010

S’il y a à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, un phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur, c’est bien le « harcèlement sexuel »ou « droit de cuissage »que subissent les jeunes (filles généralement) en quêtent d’un emploi. Et le fait pour eux, faute d’expérience et de lucidité, de tomber dans le piège des faussaires et autres escrocs.

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Par pudeur, la plupart des victimes se gardent d’en parler publiquement. Elles gardent cela comme un « secret », une « gêne », « un fait honteux » à ne point divulguer au risque d’être perçues par le reste de la société, comme des « nigauds ». Celles qui (une minorité », pour une raison ou une autre, lèvent le « tabou », laissent alors découvrir dans toute sa laideur, les pratiques qui ont cours dans certaines entreprises-appâts qui malgré la crise économique et militaro-politique que connaît le pays, tiennent encore la route.

En leur(entreprises) sein, on retrouve des responsables au phallus déréglé : Il n’est pas rare de les voir faire la cour à des stagiaires contre la promesse d’une embauche, qui se transforme souvent en leurre. L’histoire de Mlle Fanta K, titulaire d’une maîtrise en sciences de gestion obtenue à l’université de Cocody,en est l’illustration. Elle raconte avec un pincement au cœur, comment elle a été évincée d’une entreprise, avant le terme de son temps de stage, pour avoir repoussé les avances de l’un de ses « patrons ».

Depuis lors, elle s’est découverte une autre vocation : petite commerçante de mèches-pour cheveux- et de produits de beauté, dans sa commune de résidence, Abobo, District d’Abidjan. Rien que de la débrouillardise ou système « d » qui lui réussit pour le moment .D’autant que ce commerce lui rapporte un peu d’argent qui lui permet de ne pas faire la manche pour survivre. Avec ses économies, elle prépare tranquillement, le concours d’entrée à l’Ecole Normale d’administration (ENA).Le cas Fanta, n’est pas isolé.

Cécile Akissi, jeune fille diplômée d’une grande école, se souvient de l’aventure rocambolesque qui lui est arrivée .Pour pouvoir être recrutée dans une Compagnie ivoirienne d’électricité de la place, en qualité de stagiaire, elle dit avoir failli se retrouver dans le lit de M. Antoine. 

« Ce monsieur m’a fait croire qu’il avait la possibilité de me trouver un stage. Pour ce faire, il m’a donné rendez vous dans une des 10 communes du district d’Abidjan, pour lui remettre mon attestation de réussite, deux photos d’identité et la photocopie de ma carte nationale d’identité. Je me suis retrouvée comme dans un mauvais rêve, dans une salle de réception d’un immeuble qui, après renseignement, n’était autre qu’un lieu de plaisir dénommé « hôtel Clément ».Je me suis rendu compte que c’était un piège et j’ai pris la clé des champs, explique-t-elle aujourd’hui, en écarquillant les yeux dans un profond soupir de quelqu’un qui revient de loin. Très loin même.

Les demandeurs du premier emploi, sont aussi en cette période de mauvaise conjoncture, les proies facile de bien d’escrocs et arnaqueurs de tout acabit. Des cabinets de recrutement ont choisi de se sucrer sur le dos des jeunes à la recherche d’emploi. En se fiant aux petites annonces dans les journaux ou des affiches placardées dans les rues, les jeunes diplômés se ruent sur les cabinets dits de recrutement. Qui, au bout du compte, s’avèrent être des cases aux alouettes. Du pipo !Mlle Patricia qui réside à Adjamé Saint Michel ,déclare s’être endettée dans le secret espoir d’obtenir un emploi dans une Organisation non gouvernementale (Ong)internationale chrétienne d’insertion de jeunes. Hélas, ce fut la désillusion. Et comment ?!

« Comme plusieurs autres candidats, explique-t-elle, j’ai dépensé la somme de 50.OOOfcfa dans la constitution des dossiers pour postuler à une offre d’emploi dans cette Ong dénommée « OUM ».Je pensais être au bout de mes peines ? Que nenni !ça été simplement une arnaque », reconnaît cette demoiselle qui pour autant ne désespère pas. Elle continue d’attendre qu’un jour, son téléphone cellulaire sonne pour mettre fin à son oisiveté. Cet espoir est aussi partagé par des dizaines d’autres jeunes.

Lesquels ont déposé leurs « dossiers » au cabinet de recrutement dénommé « Lochie et Lochie » pour le compte de la même Ong internationale, OUM. Les dossiers à fournir se composant de :une fiche de candidature au prix de 2000fcfa à retirer au cabinet « OUM »,une lettre de motivation manuscrite adressée au directeur des ressources humaines de OUM, un Curriculum Vitae, les photos d’identité à 1500fcfa, à se faire établir obligatoirement u cabinet…15.OOO fcfa, de frais d’agence. Après le test psychotechnique et l’entretien, les candidats retenus sont sommés de verser, pour le certificat de visite médicale, la somme de 20.000fcfa sur le compte de l’ONG OUM.

Après avoir franchi ce parcours d’obstacles, Patricia, tout comme ses camarades (des milliers) continuent d’attendre en vain depuis 2008, un travail pour lequel certains ont dû s’endetter .Entre temps, les responsables du cabinet de recrutement ont disparu de la circulation. Sans laisser de traces d’eux. Question : Que fait l’Etat ivoirien pour veiller à ce que les cabinets qu’il a lui-même agréé, n’arnaquent pas les jeunes gens à la recherche d’un emploi ?
 


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