Rappeler Inscrire
Jeudi, 30 de Octobre de 2014 - 16:39 h
Publicidad

Facebook Twitter

Société

SOCIÉTÉ

LE GOUVERNEMENT PRÉTEND ÉRADIQUER LA MENDICITÉ, MAIS SE TROUVE FACE À UNE PRATIQUE FORT ENRACINÉE DANS LE PAYS

Le drame des talibés, les enfants mendiants du Sénégal

JOSÉ NARANJO

Las Palmas de Gran Canaria27/08/2010

Le gouvernement du Sénégal vient d’annoncer qu’il veillera à l’accomplissement d’une loi approuvée en 2005, laquelle expulsera tous les indigènes des rues du pays, rues où près de 50 000 enfants demandent l’aumône, poussés par les écoles coraniques qui les maltraitent et abusent d’eux, selon Human Rights Watch. Cependant, il s’agit d’une pratique fort enraciné dans le pays. La polémique est donc servie.

Étiquettes associés

Également de l'intérêt

Google Map de la zone

Le jeudi dernier, le gouvernement sénégalais rendait public un communiqué dans lequel il annonçait cette mesure. Le Premier ministre, Suleymane Ndene Ndiaye, observait même la “menace” qu’avait reçue le Sénégal de certains “acteurs internationaux” pour mettre fin à la mendicité, très présente dans les grandes villes telles que Dakar, Louga, Saint-Louis ou Thiès.

Quand le gouvernement parle de “menaces”, il fait sans doute appel au rapport, de 114 pages, qu’avait publié, en avril dernier, Human Rights Watch “Aux dépens des enfants : La mendicité forcée et autres abus contre les talibés au Sénégal”, dans lequel L’O.N.G assurait que quelque 50 000 enfants, en majorité mineurs de 12 ans, et plusieurs de 4 ans, sont forcés par leurs professeurs à mendier toute la journée. Dans son rapport, HRW, qui assure que les enfants vivent dans des conditions “proches de l’esclavage”, prie instamment les autorités sénégalaises de mettre fin à ces pratiques abusives.

Le problème est assez complexe. L’Islam recommande de faire l’aumône aux personnes en besoin, un précepte que certains interprètent voire comme une obligation. Cela a mené à la création de réseaux de mendicité qui, dans plusieurs cas, sont tenus par des écoles coraniques et utilisent les enfants étudiants, appelés talibés, pour leur faire mendier dans la rue.

Plusieurs parents confient leurs enfants aux marabouts ou professeurs coraniques, afin de leur offrir une éducation dans les écoles coraniques ou daaras. D’une part, il s’agit d’une coutume bien enracinée et, de l’autre, il y a des parents qui n’ont pas les moyens pour maintenir tous leurs enfants. HRW affirme, cependant, que ces maîtres utilisent l’éducation comme prétexte pour couvrir l’exploitation économique des enfants qu’on leur met à charge”.

Outre le besoin forcé, HRW documente des cas de “raclées”, “maltraitances” et abandon des enfant à leur sort, puisqu’ils dorment par terre dans de petites chambres tout sauf salubres, qu’on ne leur donne ni vêtements ni nourriture adéquats et qu’on leur châtie s’il rentrent à la daara sans ramener la cote quotidienne exigée.

HRW affirme aussi que beaucoup de marabouts gagnent entre 20 000 et 60 000 dollars par an, chiffres largement supérieurs au SMIC au Sénégal, grâce à ces réseaux de mendicité infantile.

Les parents savent-ils ce que vivent leur fils ? Il est peu probable qu’ils l’ignorent, parce que la situation des talibés est très visible au Sénégal. Cependant, beaucoup voient ces pratiques d’un œil bienveillant, puisqu’il s’agit de professeurs non payés par l’État et qui n’ont point de salaire, ni ne peuvent exiger leur paie à des parents de classe sociale basse. Il est donc de coutume que les enfants demandent de l’argent afin de maintenir un système éducatif enraciné dans ce pays, lequel, en échange, offre un minimum d’éducation morale et religieuse aux enfants.

En 2005, le gouvernement avait promulgué une loi qui interdisait la mendicité induite par des tiers en faveur de leur gain privé. Mais cette loi est tombée à l’eau, parce qu’aucun marabout n’a été accusé ni jugé pour ces abus, et seulement quelques-uns ont été admonestés pour abus physiques.

Pour tenter de compenser l’influence des daaras, l’État a patronné la création d’écoles coraniques “modernes”, pouvant survivre sans avoir recours à la mendicité infantile. Mais il s’agissait d’un oasis en plein désert : les abus se sont poursuivis et la présence d’enfants mendiants dans la rue n’a point diminué.

ACCORDS INTERNATIONAUX

HRW a demandé au gouvernement sénégalais de respecter les conventions internationales auxquelles il a souscrit, telle que la Convention sur les Droits des Enfants et la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant. De même, l’O.N.G a rappelé Dakar l’existence de la Déclaration du Caire des Droits de l’Homme dans l’Islam, qui le concerne également.

Beaucoup se montrent sceptiques quant à la volonté réelle du gouvernement d’agir d’une main de fer contre la mendicité infantile au Sénégal. Néanmoins, le problème existe. On souhaite que cette chaîne ne cède pas en son maillon le plus faible, en l’occurrence les enfants.
 


Commentaires - 2

2Vinakpon Kwami Alfred28/11/2011 11:17h.
Merci pour le travail. Je voudrais avoir d'autres articles sur le travail des enfants. Je suis en train de fiare une étude à ce propos. de même des documents sur l'abus sexuels des enfants seront d'une aide importante.
1ZAOUI17/04/2011 19:43h.
J'ai honte pour le gouvernement et le peuple Sénégalais qui abandonne ces enfants à l'esclavage. En qualité de Présidente d'une Association qui aide ces enfants,je vous conjure, vous les journalistes de faire quelque-chose! La presse a le pouvoir de changer les choses....tout au moins de sensibiliser!

Commenter

S'il vous plaît utiliser un langage approprié. Tous les commentaires sont examinés avant la publication, de sorte qu'il n'apparaît pas immédiatement. Votre adresse email ne sera pas publié.

actuel chars.



(si vous êtes un utilisateur enregistré, identifiant la page n'aurez pas besoin de ré-inclure ces données dans leurs commentaires, et votre avatar s'affiche à côté d'eux)

  • C'est l'avis de lecteurs, en tout cas de Guinguinbali.com
  • Ne laissez pas les commentaires injurieux ou contraire à la législation espagnole.
  • Les messages ne seront pas non plus sans rapport avec le sujet des nouvelles.
  • Envoi d'observations impliquent l'acceptation de conditions d'utilisation.

Photographie: GGB

Photographie: GGB

Photographie: GGB


A propos de nous | Publicité

© GuinGuinBali 2010